Sūtra I.3
La rencontre avec soi-même
Tadā draṣṭuḥ svarūpe 'vasthānam

Ce troisième sutra est la récompense du voyage. Patanjali nous dit que lorsque le vent s'est tu et que les tourbillons du mental (Vrittis) se sont enfin apaisés, un espace incroyable se libère en nous.
Reprenons la métaphore de notre lac : tant que la surface de l'eau est agitée par les vagues, nous nous identifions aux vagues. Nous pensons : « Je suis en colère », « Je suis stressé », « Je suis cette tempête ».
Mais lorsque l'eau redevient parfaitement lisse, la magie opère. Nous découvrons que nous ne sommes pas la tempête, ni même les vagues. Nous sommes le lac. Nous devenons Draṣṭuḥ, « l'observateur ». Nous nous installons enfin dans notre vraie nature (Svarūpe), un espace intérieur stable, tranquille et lumineux qui a toujours été là, caché sous l'agitation.
Dans notre quotidien
Dans nos vies à 100 à l'heure, nous passons notre temps à porter des masques ou à être définis par nos rôles : notre travail, nos responsabilités, nos inquiétudes.
Ce sutra nous rappelle que le yoga nous offre un refuge. En fin de séance, pendant Savasana (la relaxation finale) ou lors d'une assise silencieuse, il y a ce moment précis où l'on se dépose. Plus rien à réussir, plus rien à planifier. Vous êtes juste là, installé en vous-même, à la maison. Vous touchez du doigt votre paix essentielle.
Le mot d'Agnès
Le but du yoga n'est pas de devenir quelqu'un d'autre, mais de se reconnecter à qui l'on est déjà lorsque le bruit du monde et du mental diminue.
Mais alors, que se passe-t-il si le lac ne se calme pas ? C'est le piège que Patanjali nous dévoile dans le Sutra I.4… À très vite pour la suite !

